Démission-reconversion : toucher le chômage après une démission
Vous voulez quitter votre CDI mais vous craignez de perdre vos droits au chômage ?
Bonne nouvelle : depuis 2019, il existe un dispositif spécifique qui permet de démissionner tout en bénéficiant de l’allocation chômage. Ce mécanisme s’appelle le dispositif démission-reconversion.
Il est destiné aux salariés qui souhaitent changer de métier ou créer/reprendre une entreprise.
Dans cet article, vous allez découvrir :
1. ce qu’est le dispositif démission-reconversion,
2. les conditions pour être éligible et toucher le chômage
3. les étapes à suivre,
4. une FAQ complète.
1. Qu’est-ce que le dispositif démission-reconversion ?
Le dispositif démission-reconversion est une mesure qui permet aux salariés en CDI de démissionner tout en percevant l’ARE (allocation de retour à l’emploi)
Deux cas de figure sont possibles :
• un projet de reconversion professionnelle vers un autre métier ou secteur,
• la création ou reprise d’entreprise.
Dans le langage courant, beaucoup parlent de « dispositif démissionnaire », mais le terme officiel est bien démission-reconversion.
Le dispositif démission-reconversion concerne de plus en plus de salariés qui souhaitent quitter un emploi devenu source de fatigue, de perte de sens ou de stagnation professionnelle. Beaucoup ignorent encore qu’il est possible de quitter un CDI sans perdre automatiquement ses droits au chômage.
Dans les faits, ce dispositif aide les salariés qui veulent changer, et peut permettre de financer une transition professionnelle plus sereinement : reconversion vers un nouveau métier, reprise d’études, lancement d’une activité indépendante ou création d’entreprise.
Le sujet est particulièrement important aujourd’hui car de nombreux actifs souhaitent changer de travail sans prendre un risque financier trop important. Le chômage peut alors jouer un rôle de sécurité pendant la phase de transition.
Attention toutefois : il ne suffit pas de démissionner pour toucher les allocations chômage. Le projet doit être préparé en amont et validé officiellement avant la démission. La demande doit être préparée bien en amont et le cadre respecté.
2. Les conditions pour toucher le chômage avec le dispositif démission reconversion
Les conditions légales
Pour bénéficier du chômage après une démission via ce dispositif, trois conditions sont indispensables :
• Être salarié en CDI de droit privé : les CDD, intérim et fonctionnaires ne sont pas concernés.
• Présenter un projet professionnel sérieux : il doit être reconnu comme réel et sérieux par la commission régionale Transitions Pro.
• Justifier d’au moins 1300 jours travaillés : soit environ 5 ans sur les 60 derniers mois.
Le projet “réel et sérieux”
C’est l’un des points les plus importants du dispositif démission-reconversion.
Transitions Pro va vérifier que votre projet est cohérent, préparé et réaliste. L’objectif n’est pas d’avoir un projet parfait, mais de démontrer que vous avez réellement réfléchi à votre reconversion professionnelle.
Par exemple, la commission peut regarder :
- les démarches déjà effectuées,
- les enquêtes métiers réalisées,
- les formations envisagées,
- la cohérence avec votre parcours,
- les perspectives d’emploi du secteur visé,
- le financement du projet,
- votre motivation et votre préparation.
Plus le projet est structuré, plus vous augmentez vos chances d’obtenir la validation.
3. Les étapes pour bénéficier du chômage après une démission
Les quatre étapes à suivre
• Construire son projet avec un CEP : le Conseil en Évolution Professionnelle est gratuit et proposé par l’APEC, Cap Emploi ou les Missions Locales.
Voici le parcours officiel à respecter pas à pas :
• Déposer un dossier auprès de Transitions Pro : c’est l’organisme qui valide les projets.
Lien utile : Transitions Pro – dispositif démission-reconversion
• S’inscrire à France Travail (ex-Pôle emploi) : une fois la démission actée, vous déclenchez vos droits au chômage.
• Obtenir une validation et démissionner : si le projet est validé, vous avez 6 mois pour démissionner.
L’importance du CEP
Le CEP (Conseil en Évolution Professionnelle) est une étape obligatoire dans le cadre du dispositif démission-reconversion.
Mais au-delà de l’aspect administratif, ce rendez-vous permet souvent de clarifier son projet professionnel et d’éviter certaines erreurs fréquentes :
- démissionner trop vite,
- viser un métier mal connu,
- sous-estimer les besoins financiers,
- partir en formation sans débouchés réels,
- créer une entreprise sans préparation suffisante.
Le CEP peut également vous aider à identifier les dispositifs de financement disponibles, notamment le CPF ou certaines aides à la formation.
4. FAQ – Tout savoir sur le dispositif démission reconversion
Quelles sont les erreurs fréquentes à éviter ?
Certaines erreurs peuvent bloquer totalement l’accès au chômage après une démission.
Voici les plus fréquentes :
- démissionner avant la validation de Transitions Pro,
- avoir un projet trop flou,
- ne pas respecter les délais administratifs,
- penser que toutes les démissions ouvrent des droits,
- confondre rupture conventionnelle et démission-reconversion,
- ne pas anticiper le temps nécessaire pour monter le dossier.
Dans la majorité des cas, il faut compter plusieurs mois entre le début du projet et l’ouverture effective des droits chômage.
Quelles sont les conditions pour toucher le chômage après une démission ?
1. Être en CDI de droit privé,
2. Avoir travaillé 1300 jours (5 ans) sur les 60 derniers mois,
3. Présenter un projet sérieux validé par Transitions Pro.
Comment avoir le chômage après une démission ?
En suivant 4 étapes :
• projet avec un CEP,
• dossier Transitions Pro,
• validation et démission,
• inscription à France Travail.
Le dispositif fonctionne-t-il si l’employeur refuse une rupture conventionnelle ?
Oui. C’est justement l’un des grands intérêts du dispositif démission-reconversion.
Contrairement à la rupture conventionnelle, l’accord de l’employeur n’est pas nécessaire. Le salarié peut engager sa reconversion même si l’entreprise refuse une séparation négociée.
Peut-on suivre une formation après une démission-reconversion ?
Oui. Beaucoup de salariés utilisent ce dispositif pour financer une transition vers un nouveau métier nécessitant une formation ou une certification.
Le projet peut concerner :
- une reconversion complète,
- une spécialisation,
- une montée en compétences,
- une création d’entreprise.
Combien de temps pour toucher le chômage après une démission ?
En moyenne 4 à 6 mois, le temps de monter et faire valider le projet, puis de démissionner.
Peut-on démissionner et toucher le chômage sans projet de reconversion ?
Non. Sans projet validé, la démission n’ouvre pas de droits (hors cas particuliers).
Peut-on créer son entreprise après une démission et toucher le chômage ?
Oui. La création ou reprise d’entreprise est éligible au dispositif.
Peut-on utiliser son CPF pour une démission-reconversion ?
Oui. Le Compte Personnel de Formation (CPF) peut financer un bilan de compétences ou une formation pour sécuriser votre projet.
Comment se préparer au mieux ?
Un projet validé par Transitions Pro doit être clair et réaliste. Pour cela, le bilan de compétences est un outil précieux.
En tant que coach certifiée, j’ai déjà accompagné plus de 1000 personnes dans leurs reconversions, évolutions ou créations d’entreprise. L’accompagnement de AUDACI est finançable via le CPF, donc sans toucher à vos économies.
Découvrez notre accompagnement au bilan de compétences ici : Audaci Coaching – Bilan de compétences
Le dispositif démission-reconversion est une opportunité unique de changer de vie professionnelle sans perdre vos droits au chômage.
Anticipez, structurez votre projet et faites-vous accompagner pour réussir votre transition.
➡️ Envie de clarifier votre projet ? Réservez dès aujourd’hui un RDV gratuit et sans engagement pour en parler : ici